Parc national du Djurdjura
Entre intérêts socio-économiques et écologie
Le parc national du Djurdjura, l’un des espaces naturels et forestiers les plus importants que compte l’Algérie se trouve à l’heure qu’il est confronté à une multitude de difficultés inhérentes aux moyens disponibles et/ou mis en œuvre par les pouvoirs publics pour sa préservation et les exigences qu’impose ses caractéristiques de milieu naturel protégé. Depuis sa création en vertu du décret n° 83/460 du 23 Juillet 1983, cet espace qui se chevauche entre les wilayas de Tizi Ouzou et de Bouira couvrant par là une superficie estimée à 18 500 ha incluant une vingtaine de communes, ne cesse de poser la problématique de sa gestion avec acuité et à fur et à mesure que les menaces qui pèsent sur l’environnement prennent de l’ampleur à l’intérieur même de ses frontières et dans les abords immédiats. Ainsi, le fait qu’il soit inscrit parmi les zones protégées de la planète par l’UNESCO, ce qui lui a valu l’insigne honneur d’intégrer le réseau mondial des réserves biosphères (M.A.B) en date du 15/12/1997, ne manque pas pour autant de mettre les responsables chargés de sa gestion devant de nouveau défis qui ne sont pas des moindres.
En effet, les responsables de ce parc qui ne perdent pas de vue l’importance de ce patrimoine humanitaire ne manquent pas pour autant de soulever les questions inhérentes à la gestion de cet espace. Dans un document que nous nous sommes procuré, les rédacteurs qui ne sont autres que des responsables de cet organisme, écrivent que « Un parc n’est pas seulement un espace où les éléments naturels activent. C’est un territoire plus ou moins anthropisé, où vivent des populations, où existent une dynamique socio-économique, où interviennent d’autres secteurs et services » pour ajouter que « l’écologie, la flore, la faune, les paysages ne sont que quelques aspects de la gestion d’un parc qui, nécessairement doivent intégrer et associer les autres éléments et facteurs sociaux, économiques et culturels, qui interviennent dans le territoire du parc. Il s’agit d’en contrôler la dynamique, de la moduler, parce que cette dynamique risque de nuire au parc et à la mission qui lui est assignée ».
Impératif de développement et défense de la nature
L’interconnexion qu’il y a entre les impératifs de développement local et ceux de la préservation pure et simple de l’espace naturel n’est pas à démontrer. Il y a là une relation antagonique qui, au lieu de créer une synergie active liant les efforts conjugués par les différents acteurs socio-économiques, creuse encore plus le faussé entre ces deux finalités qui, en réalité, se complètent. L’absence d’harmonie et le manque d’engagement de la part des collectivités locales ainsi que des autres services des secteurs sensés contribuer à l’essor des activités diverses permises à l’intérieur du territoire du parc, se pose comme un handicap qui met la direction du parc devant le fait accompli pour ne pas dire à rude épreuve. Pourtant le champ d’intervention du parc est tellement large qu’il englobe une diversité d’activités qui dans la plupart des cas se les dispute à d’autres secteurs plus spécialisés. Sa mission ne se limite pas donc à la préservation des richesses naturelles et paysagères mais aussi le patrimoine culturel local. Ce qui fera aussi qu’il soit un support pratique aux activités scientifiques, pédagogiques, de sensibilisation, d’initiation et de découverte de la nature et des richesses qu’elle renferme. Ce qui fait que tous les secteurs et autres acteurs sociaux doivent converger sur cet impératif majeur qui est de contribuer à toute activité initiée par le parc, d’autant plus que cela ne se limite pas aux seules limites de ce dernier, mais s’étend même aux zones périphériques d’autant que les missions qui s’y opèrent en ont indéniablement des répercutions. Pour cela, les rédacteurs du document en notre possession suggèrent la création d’un organe de coordination et d’orientation des activités des secteurs intervenant à l’intérieur et/ou dans les zones environnantes du parc. D’ailleurs, il est suggéré que cet organe vient remplacer le conseil d’orientation prévu dans les statuts du parc et qui pratiquement n’a jamais joué le rôle qui lui est assigné.
Ainsi, il est a signaler que des problèmes d’incommodité des projets initiés se sont apparus au fil du temps, et n’ont de cause que les visions étroites des responsables des différents secteurs intervenant qui, de l’avis de plus d’un parmi les fonctionnaires du parc que nous avons rencontré, ne prennent en compte que les intérêts de leurs secteurs sans se soucier aucunement de l’importance du lieu d’implantation de leurs projets. Un fait marquant selon le rédacteur du document précité: « Le parc a été considéré comme un espace que l’on investit selon des modalités qui évacuent la nécessité de préservation de la nature ; donc selon des préoccupation strictement sectorielles ». Cela même qui a conduit à une réaction rigoureuse de la direction du parc ayant aboutit à l’annulation pure et simple de certains projets et l’arrêt de travaux en phase de réalisation.
Primauté du naturel sur le socio-économique
Cependant, il à noter que la direction du parc est loin de faire le gendarme en matière de protection de l’environnement et cet espace naturel exposé à une diversité de menaces. Par là c’est la problématique de gestion de cet espace qui se pose plutôt avec acuité et rigueur. Certains points sensibles méritent bien d’être soulignés pour enfin jeter un regards pour le moins furtif sur les défis que pose la gestion d’un tel organisme. Commençons par les ressources hydriques : celles-ci se posent en termes d’antagonismes entre les besoins socio-économiques et ceux de la faune qui peuple cet espace naturel et qui, par conséquent, ne peu survivre sans cette denrée vitale. Cela fait que tout projet d’exploitation des sources d’eau se trouvant à l’intérieure du parc, doit tenir compte de l’exigence de préservation de la nature avant même de penser à une exploitation à des fins socio-économiques importantes que soient-elles. Même cas pour ce qui des exploitations minières à l’exemple des carrières d’agrégats dont on dénombre deux au niveau du parc national du Djurdjura et dont la création avait précédé celle du parc. Le principe de leur fermeture était retenu depuis 1987 par le vice-Ministre des forêts et de l’environnement de l’époque. Par la suite, toutes les propositions d’ouverture de nouvelles infrastructures du genre ont été rejetées in extenso.
Les autres projets de réalisation de routes et autres infrastructures touristiques, culturelles et sportives à l’intérieure du parc ne doivent pas pour autant échapper à la règle qui en tout état de cause, consacre la primauté du naturelle sur le socio-économique. D’ailleurs, et dans un passé récent, des projets de construction de routes, des stades et autres infrastructures ; dont les activités sont considérés comme étant non-conformes aux objectifs de préservation du milieu naturel ; ont été arrêtés. Cependant, un effort d’investissement au sein même du territoire du parc n’est pas à ignorer car il y a bien des secteurs qui sans porter atteinte à l’environnement naturel, contribuent par contre à développer des dynamiques socio-économiques très rentable et protectrice de la nature. Des activités jusque-là marginalisées et qui ne manqueront pas de contribuer au développement rural au cas où elles soient promues. On cite le secteur agro-sylvo-pastoral qui compte tenu des potentialités qu’il recèle, il peut générer autant de richesse et par là une solution aux différents problèmes socio-économiques qui se posent dans les zones montagneuses. Comme aussi l’agriculture de montagne qui doit recevoir plus d’intérêts de la part des autorités en charge du secteur, car elle ne manquera pas de contribuer à créer une dynamique d’investissement permettant de maintenir la population sur place et éviter l’exode rural dont les conséquences ne sont pas à démontrer. Cependant et à une condition qui est celle du respect rigoureux des règles de l’agro-écologie consistant en l’utilisation sélective et modérée des produits chimiques ainsi que le développement des méthodes de valorisation du patrimoine végétal local.
D’autre part, les autres activités qui ne rentrent pas dans le cadre de la promotion du patrimoine naturel du parc ne sont pas pour autant incriminées. C’est le cas du tourisme qui s’il pose d’énormes problèmes dans le cas où il est exercé de manière classique, il demeure l’un des support économique du parc et ce dans la mesure où il soit respectueux de l’environnement, des valeurs culturelles locales et ayant un effet dynamisant sur les activités exercées par les populations locales. Les responsables du parc du Djurdjura proposent à cet effet, dans le document suscité «la construction des unités hôtelières discrètes et de dimension réduite qui reflètent dans leurs fonctions le patrimoine culturel local par leur aspect architectural qui doit être fidèle au modèle local, la fourniture de prestation qui soient conformes aux valeurs locales telles que par exemple les traditions culinaires ».
Quant à l’industrie, elle peut tout de même être développé dans les zones périphériques du parc, mais à la condition d’être respectueuse de l’environnement. Elle doit être non polluante et en rapport avec l’agriculture qu’il faut encourager et mettre en valeur pour un développement durable. Le document en notre possession ajoute une autre condition qui fait que toute industrie dans les zones limitrophes du parc doit être « peu consommatrice d’eau pour éviter la concurrence avec les milieux naturels pour cette source limitaire qu’est l’eau. Sans pour autant occulter les possibilités qu’offrent les industries à la technologie élémentaire ou utilisant les techniques traditionnelles ».
S’agissant des activités sportives et de jeunes, le parc à mis en place un plan d’action consistant initialement en des campagnes de sensibilisation envers les jeunes. Il s’agit là, d’aider la frange juvénile à créer et à intégrer des clubs de sports de montagne et des associations écologiques. D’ailleurs, un effort colossal est conjugué dans ce sens notamment à travers les sorties sur le terrain et l’organisation de stages de formation au profits des jeunes venus de tout horizon à l’exemple du stage organisé le mois d’Août dernier au niveau de la station touristique de Tikjda. Cependant, la contribution du secteur éducatif notamment avec la création de classes vertes ne manquera pas de renforcer cette campagne de sensibilisation dont les résultats ne seront que satisfaisants.
Moyens mis en œuvre et exigences du terrain
Enfin, la problématique de gestion des espaces naturels à l’exemple du parc national du Djurdjura ne cesse pas de se poser avec autant d’acuité car tant que les autres secteurs ne contribuent pas à cette œuvre majeurs qu’est la protection de l’environnement, les différents problèmes qui constituent un empêchement à l’essor de ce parc, continueront à s’y dresser comme des barricades. Ainsi, les débarcadères se trouvent érigées à tous les niveaux et notamment à l’échelle des collectivités locales qui semblent totalement ignorer l’importance d’un parc naturel pour le développement d’activités permettant d’enclencher des dynamiques économiques prometteuses à l’échelle locale. Pourtant, et si on se limite au devoir sinon l’obligation de ces collectivité de veiller sur la protection de l’environnement, la législation ne laisse aucun vide. On cite entre autres la loi n° 83-03 du 5 février 1983 relative à la protection de l’environnement et qui consacre expressément la responsabilité des collectivités locales dans ce domaine. Il y a aussi le décret n° 90-78 du 27 février 1990 relatif aux études d’impact sur l’environnement. Comme d’ailleurs, il y a toute une batterie de lois et règlements qui régissent le domaine et précisent les responsabilités de chacun. De là et jusqu’au moment où tous les services concernés et autres secteurs d’activités reconnaissent leurs devoirs mais surtout agir dans le respect des règles régissant le domaine qui n’est pas seulement l’apanage des seules responsables du parc, la problématique de gestion de cet espace demeure posée. A cela s’ajoute les difficultés rencontrées quotidiennement par les employés de ce parc. On cite le manque de moyens humains et matériels constituant le talon d’Achille de cet organisme dont la gestion est compliquée de tous points de vues. Considérant l’importance que revêt ce parc, il demeure impératif que des mesures concrètes soient prises pour juguler les difficultés actuelles et mettre en avant une politique rationnelle de gestion permettant de joindre l’intérêt socio-économique à celui de défense de la nature. Cela sans ignorer l’importance de la prise en considération des études et autres recherches scientifiques initiés par la direction du parc en collaboration avec des universités et autres instituts spécialisés à l’exemple de l’I.N.A d’El Harrach et le C.N.R.S (France) pour ne citer que ces deux-là. Des études qui ne manqueront pas d’éclairer les responsables sur l’opportunité de chaque initiative d’investissement qu’ils puissent entreprendre. Lyazid Khaber
Parc National du Djurdjura
Plusieurs espèces avifaunes en voie de disparition
Le parc national du Djurdjura qui s’étend sur une superficie totale de 18550 Ha et situé à 140 Km au sud d’Alger demeure ce qu’on peut qualifier de parc de haute montagne constitué de massifs culminant à une hauteur comprise entre 600m et 2308m d’altitude. Cela même qui fera qu’il soit peuplé d’une multitude d’espèces animales et notamment avifaunes. Renseignements pris ; le Djurdjura reste l’un des rares endroits de prédilection de l’avifaune et particulièrement de rapaces contenant une population estimée à 112 espèces regroupées dans 32 familles d’oiseaux. Cependant, si la variété recensée au niveau de cette région est plus qu’importante d’autant que certaines espèces sont rares, d’autres sont menacées de disparition pure et simple.
Ainsi donc, et selon des sources concordantes, la situation actuelle ne plaide pas pour des jours meilleurs pour ces animaux soumis à rude épreuve ces dernières années. La dégradation du lieu biotope, notamment par la destruction du tissus floral ainsi que la déprédation semblent être les raisons principales de l’extinction patente de ces animaux. Un avis que partagent plusieurs écologistes qui parlent même de l’inconscience de certains citoyens qui s’adonnent à la destruction des nids et à la chasse pure et simple de certaines espèces rares à l’exemple des vautours dont le nombre, selon nos sources, peut être compté au bout des doigts.
En somme, il est utile de tirer la sonnette d’alarme pour que tous les moyens soient mobilisés pour parer à la fin tragique de ces oiseaux dont le service rendu à la nature n’est plus à démontrer. Cela va sans dire que des fonds important doivent être mobilisées pour soutenir l’effort herculéen auquel les services des forets consentent quotidiennement avec, malheureusement, des moyens rudimentaires qui demeurent loin de pouvoir éviter la catastrophe. Lyazid Khaber
Parc National du Djurdjura
Quel avenir pour la faune ?
Le Djurdjura, l’une des grandes montagnes d’Algérie comprenant le parc National du même nom qui s’étend sur une superficie de 18550 ha, se trouve à l’heure qu’il est sujet à diverse dégradations de son environnement. C’est du moins ce qu’on peut constater de visu, car, pour certains fonctionnaires exerçant au niveau de ce parc, le pire est à craindre pour les années à venir , notamment pour le devenir de la faune. Cette dernière est sujettes à une véritable saignée, affirme-t-on. La dégradation de l’environnement immédiat de ces animaux, le manque d’eau et de nourriture ainsi que la déprédation qui fait ravage sont les maux auxquels la faune est soumise.
Sachant que la faune du Djurdjura est riche et diversifiée car comprenant la presque totalité des espèces animales du nord Africain. Certaines espèces ont déjà cessé d’exister dans les parages ;on cite, le Mouflon à manchette (Ammotragus lervia) et l’Ours brun (Urus artos). Il est certes admis que ces espèces sont disparus depuis pas moins de 400 ans, mais d’autres, à l’exemple du lion existait là jusqu’au début du vingtième siècle. C’est ce qui est redouté pour certaines autres espèces dont on entend parler rarement, à l’exemple de l’Hyène rayée. Les autres espèces n’en font pas pour autant exception. Aucun animal n’échappe à la souffrance qui les menace d’extinction pure et simple. C’est le cas d’ailleurs, du chacal, du renard roux , de la mangouste, du porc-épic et de la genette. Le singe magot dont la présence est souvent remarquable, n’échappe pas pour autant à la règle car sa population à régressée considérablement. On estime actuellement le nombre d’individus de cette espèce à quelques 1500 seulement, alors que nos sources affirment qu’il n’y a pas quelques années seulement ; ce nombre était beaucoup plus supérieur.
En somme, une attention particulière doit être accordée à ces animaux dont le rôle joué dans l’équilibre naturel n’est plus à démontrer. Là, l’institution de centres d’études et de suivi des espèces naturelles est vivement recommandé pour mieux prévenir toutes circonstances pouvant engendrer des situations pour le moins regrettables. Lyazid Khaber
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