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Mercredi 11 Octobre 2006

TIZI OUZOU

 

Ce qu’on appelle, une capitale de province !

 

 

 

           


La commune de Tizi Ouzou, chef lieu de wilaya du même nom demeure sans conteste ce qu’on peut appeler la capitale du majestueux Djurdjura. Sa situation stratégique qui la met au cœur de la  Kabylie lui offre la position privilégiée d’être le point de chute, et le carrefour où toute la paysannerie de la province se communique.

 

 

 


 

 

 


Elle grouillait quotidiennement de montagnards qui viennent de  partout en haute Kabylie, ce qui fait le caractère montagnard de cette ville attachée aux valeurs ancestrales, et même au mode de vie communautaire connu chez les Kabyles d’entant.

Située à 100 Km à l’est d’Alger, elle se fait l’image d’une ville satellite dans l’aire d’influence du grand algérois. Limitée au nord-ouest par la commune de Draa-Ben-Khedda, au nord c’est les communes de Sidi Naman et Ait Aissa Mimoun, situées sur la rive nord du bas Sebaou. Au sud, c’est les communes de d’Irdjen et d’Ath Aissi qui lui donne cette ouverture panoramique sur les hauteurs de la majestueuse montagne. Autant que pour le coté sud-ouest avec les commune de Maatkas, souk El Thenin, et Ath Zmenzer. L’autre grande porte qui s’ouvre devant une plaine fertile est celle débouchant sur les vergers de Tizi Rached,

Région natale du célèbre poète Si Mouh Ou M’hand.

Etant donné que cette ville de compagne se situe au seuil entre plaines et montagne, sont relief est plutôt accidenté avec au nord le mont de Baloua qui culmine à 496 m, au centre le relief est constitué principalement de collines qui culmine à une moyenne de 50 m d’altitude avec dans sa partie sud une pente de plus de 12%, alterné par la plaine et les piémonts. Cela même qui lui

Imprime un caractère d’hétérogénéité où un grand ensemble géomorphologique se distingue. Ainsi, du coté sud, et à fur et à mesure qu’on avance dans le massif central de la wilaya le relief devient de plus en plus montagneux.

A plus forte raison, la position géographique ainsi que le relief de la ville des Genêts, comme son nom l’indique d’ailleurs, fait d’elle un passage obligatoire contrôlant par là un important noeud de communication desservant les région de haute Kabylie en général, au même titre que celles de la Kabylie maritime, du cote de Tigzirt et d’Azeffoun. Du fait, sa position géostratégique lui offre le privilège d’assurer le transit vers Bejaia, Bouira et plus important aussi l’algérois…Cela lui a valu le qualificatif de capitale du grand Djurdjura.

Ainsi, plusieurs facteurs ont contribué à l’évolution de cette commune qui pour des raisons sociologiques sauvegarde son caractère de  « El Biladj ». Ici on retient son évolution démographique sans cesse croissante avec une population estimée en 1990 à 100.717 habitants. Les estimation élaborées par l’ANAT donnent la croissance démographique de cette ville à 197.659 pour l’an 2010 pour ainsi atteindre, en suivant le même ordre de croissance, les 233.296 en l’an 2015. Cela même qui fera, selon les estimations de la DPAT (direction de la planification et de l’aménagement du territoire de la wilaya), un taux d’accroissement de 2,188, et ce jusqu’à l’horizon 2005.

Tizi Ouzou ; une ville historique :

 

Il est plutôt absurde de parler de Tizi Ouzou sans l’intégrer dans le cadre géo-historique auquel elle appartient. Ses servitudes ont donc variées selon les aléas de l’histoire et du changement des pouvoirs successifs passés par là. Point de passage qu’elle était pendant la présence  Romaine (1er-Ve siècle), elle ne manque pas d’être l’un des milieux privilégiés pour l’installation d’un bordj militaire, après l’invasion turque (XVIIe à 1830).la colonisation française quand à elle trouve en cette vallée  l’une des meilleurs porte lui permettant de conquérir une région restée indépendante, 24 ans après l’invasion de Sidi Fredj, un certain 5 juillet 1830.

Ainsi, la première expédition contre Tizi Ouzou a été dirigée par le général Bugeaud en 1844. Mais, cette dernière était soldée d’un échec cuisant à cause de la farouche résistance des Tizi-ouziens de l’époque. Dix ans après, en 1854, une nouvelle expédition  fut organisée par l’armée coloniale, pour enfin arriver à occuper le côle des Genêts. C’est là où commence à pousser une nouvelle architecture, et le model citadin fut imprimé par les colons à ce bourgue.

 

 

Le 8 octobre 1872, Tizi Ouzou est érigée pour la première fois en commune mixte. Par la suite elle deviendra, en 1874, le chef lieu de la sous préfecture de grande Kabylie. Là, la commune commence sérieusement à prendre les allures d’une ville. L’érection d’infrastructures «  modernes »et sa dotation de moyens de communication et de transport permettront son désenclavement. Pour exemple probant, on cite l’inauguration en 1888 de la première ligne ferroviaire reliant Alger à Tizi Ouzou. Ainsi ce bourg montagneux a évolué jusqu’à nos jours. Tizi Ouzou poste indépendance reste ce qu’elle était depuis toujours, la capitale du Djurdjura.

Cependant, s’il y a un fait marquant qu’il faut impérativement relever concernant cette évolution a travers les années, c’est plutôt le fait qu’elle garde à nos jours son image de ville de montagnards. Fait probant, les habitudes citadines n’arrivent pas à s’incruster dans la mentalité des Tizi-ouziens. Etant donné l’environnement naturel montagneux, l’autre raison de ce «  conservatisme » demeure le fait que la ville est habitée pour l’essentiel par des populations descendues de la montagne. Ainsi, de l’autre part, elle se trouve fréquentée quotidiennement par plus de200.000 montagnards. Cela est dû au fait que cette localité représente un point de chute et de communication pour toutes les populations de grande kabylie.

A l’heure actuelle, il est utile de signaler que vu le taux de croissance de la population de cette ville, plusieurs insuffisances se font sentir au gré des jours, notamment en matière d’aménagement urbain et de développement local. Cela sans compter les autres problèmes bravés quotidiennement par les citoyens, et qui à plus forte raison empêchent l’amorce du processus de  modernisation de cette localité. Quand bien même des efforts sont consentis par les autorités communales, Tizi attend toujours ses jours meilleurs.

 

En matière d’habitat :

 

La commune de Tizi Ouzou comptabilise 22.299 logements des ménages ordinaires selon l’RGPH établi en 1998, soit 9,8% des logements au niveau de toute la wilaya. Cependant, ce qui est remarquable demeure le fait que la commune est en chantier permanent. A remarquer aussi qu’il y a de plus en plus de chantiers de densification dans le tissu de la ville qui, pour sa part, traduit une véritable prise de conscience de la plus valus de position dans la trame urbaine. C’est là une véritable mutation du rural à l’urbain.

Ainsi, il s’avère que le type de construction prédominant sur l’ensemble du territoire de la commune, est la construction individuelle. La prolifération des coopératives immobilières est pour beaucoup de choses, dans l’urbanisation de la ville des Genêts. En plus de cela, des projets de construction sont envisagés par les autorités locales, notamment ceux s’inscrivant dans le cadre du projet d’extension de la ville vers la zone ouest.

En matière d’emploi :

 

Avec une population active de base estimée à 234.077 habitant, le taux d’activité demeure faible avec 21%seulement, soit157.608 habitant occupé sur le total de la population active. Cela même qui amène le chômage à une moyenne de 32,7%.Concernant les branches d’activité des habitants de la commune, on note qu’elles touchent divers secteurs ; sauf que les activités industrielles et d’agriculture ne sont pas vraiment convoitées. Cela même qui fait que l’activité économique principale des populations Tizi-ouziennes demeure sans conteste le commerce, et les travaux publics.

Ainsi, et pour combler le manque en matière d’emploi, les autorités communales ne

 cesse de chercher des solutions concrètes à ce fléau. Des initiatives ont été prises, notamment en matière de soutien à l’emploi de jeunes, à l’exemple de la réfection des infrastructures des ex-galeries pour les céder ensuite aux jeunes promoteurs ayant bénéficié du soutien de l’ANSEJ. C’est là une manière de contribuer à la résorption du chômage.

Alimentation en eau potable et assainissement :

 

La ville de Tizi Ouzou est alimentée en eau potable à partir de la nappe du Sebaou. Cependant, vu que cette nappe n’arrive pas à satisfaire la demande en la matière, notamment en périodes d’été, cette source se trouve renforcée par 26 forages en exploitation à l’heure actuelle. Ainsi, il y a lieu de signaler que l’alimentation en eau potable demeure en deçà  de la consommation malgré tous les efforts consentis. D’ailleurs, durant l’été et à chaque année, les services de la mairie font recours aux citernes mobiles pour approvisionner les citoyens en eau potable.

Quand à l’assainissement, il y a lieu de relever certaines insuffisances, d’abord en terme de couverture où, si l’en trouve que tous les quartiers sont raccordés, le réseau d’assainissement se trouve défectueux dans certains endroits. On note par ailleurs que dans les anciens quartiers comme celui de la haute ville et de Redjaouna le réseau est plutôt ancien et loin de pouvoir canaliser les eaux usées déversées quotidiennement.

Ainsi, autre point faible, la situation actuelle en matière d’assainissement nous renseigne sur des rejets à ciel ouvert dans des oueds comme c’est le cas de oued Sebaou et de Oued Aissi. Un cas de figure qui ne manque pas de contribuer à un déséquilibre environnemental.

 

Santé publique :

 

En plus de l’existence au niveau du chef lieu de la commune d’un centre hospitalo-universitaire (Neddir Mohammed), d’un sanatorium au niveau de Redjaouna dont le total est de 848 lits, et d’une cliniques médicale, ayant la moyenne de 72 lits,  il y a lieu de signaler que la couverture sanitaire s’étend aux autre localités où on trouve dans chacune une salle de soin. Les cliniques privées sont aussi fort nombreuses pour combler le vide laissé par le secteur public. On dénombre à l’heure actuelle six cliniques privées qui sont localisées au niveau du chef lieu seulement.

Cela nous permet de dire que la couverture sanitaire au niveau de cette ville ne souffre aucun manque. Et si on saura que des projets de construction et/ou de rénovation de nouveaux dispensaires sont à l’ordre du jour, on n’aura qu’à saluer les efforts des responsables de ce secteur ayant fait preuve d’abnégation et de persévérance dans la gestion de leur secteur.

En conclusion…

Si la ville des Genêts a depuis la nuit des temps présenté une perspective d’une importance capitale, vu sa situation géostratégique et les richesses qu’elle peut générer a travers le développement des activités économiques rentables, il demeure que la perspective de sa croissance et de son développement sont mal envisagée. Sans planification et ni projet urbain, cette ville donne inneluctablement l’image de ce qu’on appelle «  une ville banale »

Cela même qui nous amène à dire qu’il n’est pas pour autant aisé de conclure sur ce thème de la croissance de cette ville, comme d’autres d’ailleurs, car cela doit impérativement susciter des études approfondies, étant donné que plusieurs interrogations restent en suspens.

Lyazid KHABER

 

 

 

 

 

 

publié par Lyazid Khaber dans: lyazid.khaber

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